Idées reçues

Cette rubrique est l’occasion de revenir sur quelques idées reçues ou rumeurs parfois infondées qui nuisent à la compréhension générale des énergies renouvelables et limitent malheureusement parfois son adoption. Elle ne se veut absolument pas exhaustive, mais elle est simplement le reflet de nos expériences, et évolue au gré de nos projets et envies. Quatre grandes thématiques sont ou seront abordées ici : le photovoltaïque, l’éolien, les autres énergies renouvelables, et la transition énergétique de manière globale.

Si vous avez des suggestions de modifications de cette page ou des idées reçues que vous souhaiteriez que nous traitions, n’hésitez pas à nous en faire part via le formulaire de contact.

Les idées reçues sur la transition énergétique

1- Cela ne sert à rien de m'impliquer, car mon action individuelle est vaine.

C’est bien entendu inexact, et on en veut pour preuve les nombreux projets citoyens qui fleurissement partout en France,  près de 300 en 2020, et les plus de 17 500 actionnaires qui se sont réunis autour de ces projets pour permettre de produire environ 800 GWh/an, soit l’équivalent de la consommation annuelle hors chauffage de 660 000 personnes !

Alors, oui, chaque (petit) geste compte réellement. Par exemple, “seulement” 22 citoyens ont été nécessaires pour financer notre première centrale photovoltaïque installée, et cela ne fait que commencer …

2- Cela ne sert à rien de m'investir, car il est déjà trop tard.

Alors là, on ne peut pas vous donner entièrement tord … Nous avons effectivement grillé de nombreux jokers et l’urgence climatique et sociale se fait chaque jour plus pressante. Pourtant, une fois cela dit, deux possibilités s’offrent à nous : soit nous restons les bras croisés en attendant sagement que tout se dérègle, soit nous agissons à notre échelle pour sauver ce qui peut encore l’être.

Pour notre part, nous avons décidé d’engager une action optimiste, bienveillante et engagée pour croire en des lendemains qui chantent. Pour cela, nous nous basons sur l’excellente étude de l’association négaWatt qui expose comment, à l’horizon 2050, la France pourrait devenir neutre en carbone grâce à un scénario REALISTE de transition énergétique.

Les idées reçues sur le photovoltaïque

1- Etude sur le recyclage des panneaux

Bien trop souvent encore, nous entendons dire qu’une problématique liée à l’adoption des panneaux photovoltaïques est le fait qu’ils ne se recyclent pas ! … et bien c’est faux ! 95% des panneaux se recyclent aujourd’hui, et même 98% dans certains cas. Il y a d’ailleurs un très bon article des échos sur le sujet.

L’origine de cette idée reçue vient peut-être du caractère récent de la filière. En effet, les panneaux ayant une durée de vie de plus de 30 ans (si, si !), les premiers panneaux n’arrivent en fin de vie que depuis peu. Mais la filière du recyclage existe belle et bien, et est même implantée en France. Par exemple, pour le projet Sembat, nous avons sélectionné l’association PV Cycle, qui est un éco-organisme sans but lucratif agréé pour la collecte et le retraitement des panneaux photovoltaïques, et dont le processus de recyclage est très clairement expliqué sur leur page Internet.

2- Etude Analyse du Cycle de Vie (ACV) d'un panneau

Si il est difficile de donner une durée précise de retour énergétique des centrales photovoltaïques, car cela dépend de nombreux facteurs (exposition, type de toiture, cellules utilisés, mix énergétique du pays producteur, …), nous pouvons garder en tête le chiffre de 3 ans, correspondant au temps moyen nécessaire au système photovoltaïque (onduleur compris, durée d’exploitation de 30 ans) pour produire autant d’énergie qu’il n’en a consommé pour le construire (du sable jusqu’au retraitement en fin de vie).

Ces données correspondent à une excellente étude de l’association Hespul, datant de 2009, et nul doute que depuis, des progrès ont été accomplis tant sur l’utilisation des matières premières que sur la durée de vie des onduleurs par exemple. Il n’en est pas moins que l’énergie doit être consommée raisonnablement et c’est pourquoi nous engageons toujours une discussion sur le choix des matériaux utilisés au sein de Solévent.

3- Champ électromagnétique des panneaux photovoltaïques

Les panneaux photovoltaïques produit un champ électromagnétique, comme tous les appareils électriques. La question est de savoir si ce rayonnement présente un danger pour notre santé. La réponse est clairement non, puisque les rayonnements émis restent largement en-deçà des recommandations et que l’amplitude de ces champs électromagnétiques présente l’avantage d’être bien connus, puisqu’elle est inversement proportionnelle au carré de la distance à la source ! En d’autres termes ? Plus on s’éloigne, moins le champs émis est fort : ainsi, lorsque l’on double la distance à la source, l’amplitude du champ est divisé par 4.

Ainsi, l’étude menée par le site Décrypter l’énergie (animé par l’association négaWatt) souligne qu’à une distance moyenne de 2 mètres, le champ électromagnétique produit par une installation photovoltaïque est le même que celui émis naturellement par la Terre (2 mètres pour les onduleurs, 1 mètre pour les panneaux, et 10 cm pour le compteur de production).

4- Etude sur les terres rares contenus dans les panneaux photovoltaïques

Les terres rares désignent 17 éléments métalliques du tableau périodique des éléments, parmi lesquels le Néodyme, utilisé en faible quantité dans l’éolien offshore (moins de 6% de la production annuelle à l’horizon 2030).

Ces terres rares sont … rares dans les panneaux photovoltaïques et finalement assez peu rares sur terre. C’est la conclusion de l’étude réalisée en novembre 2019 par l’ADEME. Il en ressort que la problématique principale naît de l’exploitation de ces ressources qui proviennent essentiellement de Chine. En effet, aucun panneau photovoltaïque ne contient aujourd’hui de terres rares, et seules les batteries nickel-hydrure métallique (NiMH) en contiennent, mais elles restent marginales dans la trajectoire de la transition énergétique.

Les idées reçues sur l’éolien

1- Etude sur la mortalité de l'avifaune due aux éoliennes

Menée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), cette première étude approfondie à l’échelle nationale permet d’y voir plus clair en ce qui concerne une idée tenace : les éoliennes joueraient le rôle de machines à tuer les oiseaux. Deux résultats principaux apparaissent dans cette étude : non, les éoliennes ne passent pas leur temps à découper des oiseaux, et qui plus est, avec des résultats hétérogènes selon la localisation des éoliennes, des pistes d’amélioration existent.

Ainsi, entre 0,3 et 18 oiseaux sont tués par éolienne et par an, soit une moyenne de 7 par éolienne et par an sur le territoire. Si c’est toujours trop, la prise en compte des migrations de certaines espèces ou des rapaces nicheurs, et l’éloignement des Zone de Protection Spéciales (ZPS) permet de réduire drastiquement ces chiffres. Encore une fois, plus qu’une généralité, c’est en concertation au cas par cas entre toutes les parties (citoyens, élus, associations) que les projets d’implantation doivent se réaliser.

2- Emprise au sol des éoliennes

L’emprise au sol des éoliennes est souvent un argument opposé à un projet d’installation d’un parc. Or, selon l’étude menée de front par Enercoop, Terres de liens et Energie partagée, les éoliennes représentent … 1,5% de l’artificialisation des sols chaque année (en prenant en compte les chemins d’accès, je vous vois venir petits filous …), pas vraiment de quoi s’étouffer ! On est bien loin des 47% dus à l’habitat individuel ou les 16% liés aux nouvelles routes. Il en est de même pour les mirifiques 0,5% de la consommation de béton annuelle qui proviennent de l’implantation des éoliennes, contre 180 fois plus pour le secteur du bâtiment …

De plus, les textes réglementaires en vigueur permettent de s’assurer que le sol est remis en état au terme de l’exploitation du parc, et le béton utilisé peut être réutilisé pour construire de nouvelles routes par exemple, réduisant ainsi davantage l’impact d’un parc éolien.

Les idées reçues sur les autres énergies renouvelables

1- La méthanisation, une nouvelle façon de polluer ?

Comme toutes les sources d’énergie renouvelable malheureusement, la méthanisation possède ses fervents supporter et ses plus fidèles encore détracteurs. Pour tenter d’y voir plus clair, il suffit de regarder froidement les faits. Un des gros intérêts de cette technologie est qu’elle participe à l’établissement d’un circuit-court de l’énergie en produisant sur place du biogaz et en servant à nourrir le sol et les plantes en lieu et place de produits chimiques. Comment cela fonctionne-t-il ? C’est le principe d’un composteur qui est utilisé, que l’on améliore en capturant les gaz et la chaleur émis par la dégradation des déchets organiques pour les injecter dans le circuit traditionnel, là où le composteur est aéré pour éviter d’exploser comme une cocotte minute !

Les résultats de l’enquête MethaLAE menée par Solagro révèlent ainsi une réduction des émissions de gaz à effet de serre sur les exploitations agricoles fonctionnant avec un méthaniseur, avec une réduction de l’achat (et donc de l’utilisation) d’engrais de synthèse. On est plutôt dans une démarche positive. Mais alors, d’où viennent ces doutes ? Très certainement des risques de fuites sur les méthaniseurs ou de l’intensification de l’agriculture : les 2 sont pourtant rejetés par l’enquête. En effet, l’entretien et la surveillance des “digesteurs” permettent de réduire drastiquement le risque de fuite, et les fermes agricoles ont augmenté leur surface utile de 5% … quand la moyenne nationale s’établit à 12% sur la même période ! En d’autres termes, il faut rester vigilant, tout en se rappelant que les effluents d’élevage stockés à l’air libre produisent des gaz à effet de serre que l’incorporation dans les unités de méthanisation permet d’éviter.

2- La petite hydroélectricité ne permet pas le maintien de la biodiversité

Si la question de la production hydroélectrique et de la biodiversité a longtemps été problématique, force est de constater que les relations tendent à s’améliorer aujourd’hui, tout du moins en ce qui concerne la petite hydroélectricité. Pour des questions réglementaires d’abord, puisqu’il est nécessaire de prendre en compte les impacts sur la faune et la flore lors de la création de projets de barrages, comme par exemple la réalisation de passes à poissons afin que ces derniers puissent descendre ou remonter le cours d’eau sans obstacle. En créant ensuite des projets de taille modérée, qui ne bloquent pas la totalité du lit du cours d’eau. Enfin, c’est grâce à la prise de conscience écologique et à la bonne intelligence de chacun que les projets peuvent être co-construits selon les volontés des différents acteurs.

Si vous avez des suggestions ou des remarques sur les idées reçues déjà existantes, ou si vous souhaitez nous en proposer de nouvelles à expliquer, contactez-nous.